Léo habitait une petite maison tout au bord de la mer. La nuit, il aimait écouter les vagues qui chuchotaient contre les rochers, comme si elles racontaient des histoires très anciennes.
Un soir de pleine lune, la mer devint si calme qu'on aurait dit un miroir. Et sur ce miroir glissa lentement une baleine immense, douce et brillante comme de l'argent. « Bonsoir, Léo, dit la baleine d'une voix profonde et tranquille. Je suis la baleine de lune. Veux-tu voir où vont les rêves ? »
Léo grimpa sur son dos large et tiède, et la baleine s'éleva sans bruit au-dessus de l'eau. Ils survolèrent des îles endormies, des forêts qui respiraient doucement, et des villages où chaque petite lumière était un enfant qui rêvait.
« Regarde », souffla la baleine. De minuscules bulles dorées montaient des maisons vers le ciel. « Ce sont les rêves. Je les emmène se reposer parmi les étoiles, et au matin je les rapporte, tout neufs. »
Léo bâilla. Le balancement de la baleine était plus doux qu'un berceau. « Et le mien ? demanda-t-il. — Le tien commence maintenant », répondit la baleine en le redéposant tout doucement dans son lit.
Léo ne sut jamais s'il avait vraiment volé, ou s'il avait simplement rêvé. Mais chaque nuit, quand la mer se faisait calme, il fermait les yeux en souriant, certain que la baleine de lune passait, quelque part, veiller sur son sommeil. Fais de beaux rêves.