Chaque soir, quand les lumières s'éteignent, un petit train très spécial se met en route. On ne le voit pas avec les yeux ouverts : il faut les fermer pour l'entendre arriver. Tchou… tchou…
C'est le petit train des rêves. Sa locomotive ronronne tout doucement, et ses wagons sont remplis de coussins moelleux, de couvertures toutes chaudes et d'oreillers en plume de nuage.
Le contrôleur est un vieux marmotton à lunettes rondes. Il passe près de chaque lit et murmure : « En voiture pour le pays des songes ! Avez-vous votre billet ? » Le billet, c'est tout simple : il suffit d'avoir bien fermé les yeux et de respirer tout doucement.
Le train démarre sans secousse. Il roule à travers des tunnels de velours noir, longe des rivières de lait tiède, traverse des champs de coquelicots qui se balancent. À chaque tour de roue, on se sent un peu plus léger, un peu plus calme.
Première station : le pays des rêves rigolos. Deuxième station : le pays des rêves câlins. Et tout au bout de la ligne, la plus belle gare de toutes : le sommeil profond, là où l'on se repose vraiment.
Le marmotton baisse la lumière de sa petite lanterne. « Bon voyage, petit passager », chuchote-t-il. Le train ralentit, ralentit… et tu glisses tout doucement dans le sommeil. Tchou… tchou… Bonne nuit.